Un abominable monstre vient d'interrompre le sommeil de votre enfant... Et le vôtre. C'est tout à fait normal. Entre 4 et 6 ans, l'enfant commence à se sentir vulnérable. En réagissant bien, vous éviterez que le cauchemar gâche entièrement cette nuit et les suivantes.
Les cauchemars : une évolution normale de l'enfant
Les cauchemars témoignent de la mise en place progressive d'une pensée structurée. Ils permettent à l'enfant d'exprimer ses désirs, ses doutes et ses frustrations. Ils lui sont nécessaires pour évacuer les émotions fortes. Il est tombé, il a eu peur, il a désobéi ou fait une bêtise, il s'est mis un instant à détester son papa. On observe souvent une recrudescence temporaire des cauchemars à la suite d'un événement dans la famille ou dans sa vie : maladie, déménagement, rentrée scolaire, naissance...
Les cauchemars, surtout en fin de nuit
Les cauchemars surviennent lorsque les phases de sommeil paradoxal le « sommeil des rêves » se prolongent. L'enfant se réveille et appelle à l'aide, terrorisé par l'image qu'il a vue dans son sommeil, l'histoire qui s'est déroulée sous ses paupières closes (ogre, monstre ou sorcière qui s'attaque à lui). Même si, dès 3-4 ans, il distingue le réel de l'imaginaire et comprend que ce qu'il a vu n'existe pas dans la réalité, cette image est encore très présente et il a peur de se retrouver à nouveau confronté à elle.
Les cauchemars différents des « terreurs nocturnes »
Elles se produisent dans les trois heures suivant l'endormissement, en phase de sommeil profond, et s'accompagnent de manifestations physiques (sueur abondante, rythme cardiaque élevé). Même s'il hurle et se débat, l'enfant reste endormi. Mieux vaut ne pas intervenir. Il ne se souviendra de rien le lendemain matin.
Comment réagir à ses cauchemars ?
Tout d'abord ne le grondez pas ! Cela ne ferait qu'attiser son angoisse. Ne vous moquez pas non plus de sa peur, ne la niez pas. Il a besoin de vous, de votre calme et de votre force pour se rassurer, même s'il vous réveille en pleine nuit. Ecoutez-le dire ce qui lui a fait si peur. Câlinez-le, ayez des paroles apaisantes : « Je suis là, c'est fini » et restez près de lui jusqu'à ce qu'il se rendorme. Ne vous faites pas emporter dans une chasse aux monstres. Ne regardez pas avec lui sous le lit ou derrière les rideaux, vous ne feriez que donner vie à ses fantasmes. Il vous faut reconnaître qu'il a bel et bien eu peur, mais rester ferme sur le fait que ce qu'il a vu n'existe pas réellement : c'est juste quelque chose qu'il a imaginé dans sa tête, pendant son sommeil. Enfin imaginez avec lui une fin au cauchemar. Donnez-lui des armes imaginaires pour l'aider à prendre le dessus sur cette chose effroyable. Par exemple, en fermant les yeux, il peut faire rétrécir l'image dans sa tête, faire venir son papa dans son rêve ou un gentil héros pour le protéger. Et pour dédramatiser, inventez ensemble une astuce rigolote : versez de la colle sur le monstre pour le clouer au sol ou soufflez-lui dessus jusqu'à ce qu'il s'envole.
Les trucs pour prévenir les cauchemars
Agissez sur la cause des cauchemars. Aidez votre enfant à verbaliser ses sentiments, ses doutes, ses angoisses. Ne le censurez pas s'il vous dit qu'il n'aime pas son petit frère, par exemple. Autorisez-le à en parler sans porter de jugement, même si cela vous choque. Apaisé, il dormira mieux. Dans la journée, lisez-lui des contes sur les sorcières, les fantômes, les loups, tout ce qui lui fait peur la nuit. Resituez avec lui ces diverses créatures : les sorcières n'existent pas, on ne les voit que dans les livres. Les loups vivent à l'autre bout du monde, etc.
Proposez-lui aussi de dessiner ce qui le terrorisé. Le dessin sera forcément moins effrayant que l'image qu'il a en tête. Vous pouvez ensuite modifier ensemble sa production, en griffonnant un sourire sur le visage du monstre ou une tétine dans la bouche de la sorcière, histoire de l'aider à prendre du recul. Vous pouvez aussi fabriquer avec lui un « attrape cauchemars », une sorte de doudou superpuissant qui restera dans son lit et le protégera. Tout ce qui lui permet de se rassurer seul lui évitera de vous réveiller.